Mon accouchement naturel inopiné à domicile

Enceinte de mon deuxième enfant, je rédige un projet de naissance physiologique béton. N’ayant pas la possibilité de vivre un accouchement naturel à domicile en Andorre, je me prépare mentalement à accoucher en maternité mais manière physiologique. Je découvre des livres incroyables sur la naissance naturelle comme les livres de Ina May Gaskin, sage-femme américaine mais aussi Maïtie Trélaün, sage-femme française. Mon esprit façonne alors l’accouchement de mes rêves…

Dernier monitoring avant mon accouchement naturel non assisté

Nous avons rendez-vous le vendredi 29 juin 2018 à 12h00 pour le second monitoring de cette fin de grossesse avec ma gynéco. Cette fois-ci en famille tous les « quatre » ^^ avec Jérémy et Ninon, mon ainée. Les contractions de fin de grossesse (et non de travail) sont effectivement présentes, à environ sept ou huit minutes d’intervalle et de très faible intensité, sans douleur, similaires au précédent monito.

Cette fois-ci toucher vaginal afin de voir comment se présente le col. —Je suis à 39 semaines de grossesse (terme à une semaine donc)— Il reste 1 pour que le col soit totalement “effacé”, et je suis à 1 doigt de dilatation. Rien de fou pour un second bébé, en revanche, le bébé est très bas depuis un moment, j’ai du mal à marcher et la gynéco me dit : « À voir si le travail commence dans les jours qui viennent mais en tous cas, ce sera très rapide. » (ça me va lol).

Premières contractions de travail

L’après-midi nous faisons une bonne sieste avec Ninon donc le soir elle était peu fatiguée et nous étions en week-end. Je vais donc la coucher vers 22h30 après le repas que nous avions terminé tranquillement tous les 3. Le temps du rituel du coucher dure environ une heure.
Après avoir lu l’histoire, je sens comme de légères douleurs de règles dans le ventre et je m’aperçois que je commence à devoir respirer pour passer ces douleurs à intervalle de plus en plus rapprochées. Rien d’insupportable à ce moment puisque je me dis : « La priorité c’est d’endormir Ninon, on sera plus au calme ensuite pour aviser s’il s’agit du travail qui commence ».

Préparation express pour partir à la maternité

Ninon finit par s’endormir. Je sors de la chambre vers 23h30 pour rejoindre Jérémy dans notre chambre. Je le préviens donc : « Écoute, j’ai l’impression que ça pourrait être pour cette nuit ».
Nous discutons quelques minutes de mon ressenti et de comment on gérerait Ninon si ça se déclenche. Et, je me rends compte que l’intensité des contractions augmentent crescendo : « Ne me fais pas rire pendant les contractions ! » Je lui dis. « Je pense que c’est parti. On va se préparer. Vois qui est dispo pour garder Ninon sur notre liste de personnes à contacter et moi je file sous la douche ! »

Le travail s’accélère à vitesse éclair

Sous la douche, les contractions prennent, en quelques minutes seulement, une dimension toute autre. Mon corps tremble comme une feuille (c’est ce que l’on appelle des « tremblements physiologiques ») et je tiens à peine sur mes jambes. Je suis obligée de m’interrompre et me baisser à quatre pattes sous la douche (en dirigeant le jet d’eau chaude sur mes reins pour me soulager) pour accueillir chaque contraction en respirant profondément aussi lentement que possible (#sophrologie). Je gère..

Deux, trois ou quatre contractions plus tard, j’arrive enfin à terminer de me rincer et à sortir de la douche. Je me sèche et enfile ma robe de nuit d’allaitement que j’avais prévu d’emporter à la maternité, toujours tremblante. Je me jette sur le lit pour retrouver ma position quatre pattes pour accueillir la contraction suivante toujours plus intense et rapprochée. J’ai l’impression de passer un grand palier à chaque contraction. J’ai froid : « Jérémy, ferme les fenêtres (à la base il faisait chaud on est au mois de Juin) et prépare-moi une bouillotte stp ! ».

Là on y est, ça s’accélère à une vitesse folle. Toujours sur le lit, je place la bouillotte sur le bas de mon dos. Encore une, ouf, là ça fait mal. J’accepte la douleur et respire. Hop, elle redescend rapidement. Jérémy est assis à côté du lit, au téléphone pour joindre les personnes qu’il reste de disponible pour garder Ninon. C’est bon Irene répond présente ouf ! Jérémy me demande : « Mais tu voulais faire la dilatation tranquillement à la maison et tu m’as dit de te freiner si on partait trop tôt. Tu voudrais partir quand là, à peu près ? » Moi : « Tout de suite, je pourrai plus bouger si j’attends. Faut préparer Ninon pour la déposer chez Irene sur la route ». Jérémy comprend l’urgence : « OK OK c’est parti je la réveille ! ».

Je perds les eaux sur le lit de ma chambre à coucher

La contraction suivante arrive comme un tsunami. Je stoppe tout contact avec l’extérieur et place mon visage entre mes mains en fermant les yeux. Là, il faut plonger à l’intérieur, tout lâcher, lâche prise Sandra (je me parle intérieurement), accompagne la douleur et visualise, ton bébé descend, la contraction le pousse, laisse-toi porter par elle, respire.. Je pense : « Là c’est chaud, si je dois tenir ne serait-ce que deux bonnes heures comme ça crescendo je tiendrai pas.. ». Je vis, à ce moment-là, ce qu’on appelle la phase de désespérance d’un accouchement naturel ou physiologique.

Floc ! Jérémy : «  Oh putain, tu as perdu les eaux Sandra ». L’équivalent d’un verre d’eau se déverse sur le lit mais pas non plus l’inondation comme dans les films. Beau travail, la contraction d’enfer a été efficace. Mais là, on est dans la merde (pardonnez-moi l’expression mais c’était ma pensée exacte). Sois ça va être la grosse galère dans la voiture, soit j’accouche à la maison… Je descends du lit lentement pour tenter d’enfiler une paire de tongs et Jérémy part terminer de préparer Ninon en courant.

Une envie de pousser irrépressible

Je pose un pied par terre, puis deux. Toujours une main appuyée sur le lit, j’arrive en position verticale et là, ça pousse…! Mais qu’est-ce qu’il se passe ? Je place ma main en bas et.. je sens sa tête !! Je crie : « Jérémy, Jérémy reviens !!! Je crois qu’il arrive !!! Faut que tu l’attrapes ! » Jérémy : « Mais non..?! » Il s’agenouille pour regarder : « Oh putain, oh putain ! » Ça pousse fort, tout seul, je ne peux rien retenir ni contrôler.

Mon projet de naissance physiologique en maternité se transforme en accouchement naturel à domicile

Je sens la tête passer, ça tire un peu mais pas de douleur, puis les épaules. Le reste de son corps glisse comme un savon. Oh, mais c’est vraiment mon bébé ! Il pousse son premier cri, ça nous rassure. Je le vois dans les mains de Jérémy toujours accroupi : « Qu’est-ce que j’fais ? Qu’est-ce que j’fais ?! » (oui il répétait deux fois les mêmes phrases depuis qu’il était revenu dans la chambre lol). Je reprends mes esprits : « Donne-moi la serviette de bain là par terre pour l’envelopper, qu’il n’ait pas froid ». Ce bel instinct de mère louve… <3

Je le reprends et rebascule en position allongée sur le lit avec Esteban. Je m’aperçois que le cordon est un peu emmêlé entre ses jambes. Je le libère et l’invite à faire sa première tétée. Ça y est, c’est le bonheur…
Ninon arrive tout juste et grimpe sur le lit caresser le bébé doucement. Le bébé est sorti du ventre de Maman…

On appelle les secours

Jérémy est maintenant au téléphone avec les pompiers. Les mots lui viennent difficilement. Esteban est né ce Samedi 30 Juin 2018 autour de 00h30 à La Cortinada (Andorre) en direct de notre chambre parentale. C’est bon, ils sont en route et arrivent à quatre ou cinq dans notre chambre. Tout va bien donc nous attendons l’arrivée de l’équipe médicale dans la bonne humeur pour se mettre en route pour l’hôpital.

Le trajet m’a paru long sans Jérémy parti déposer Ninon sur le trajet. Je regarde Esteban avec amour et les larmes me montent en me repassant l’évènement… Mais prise de pudeur, je les retiens, je veux partager ce flot d’émotions avec Jérémy.

Arrivée en maternité et expulsion du placenta

L’expulsion du placenta se fait naturellement en arrivant dans la salle d’accouchement. Pas d’intervention médicale, ouf. Le médecin constate une légère plaie qui ne saigne pas. Aucune déchirure nécessitant des points. J’ai peu saigné ensuite et ça m’a piqué seulement les 24 heures suivantes. « Estupendo ! » répétait le médecin en constatant notre état de santé incroyable.

Jérémy nous rejoint pour faire la pesée et vêtir le bébé. —3 kilos tout rond pour 48,5 cm— Nous regagnons notre chambre de maternité tous les trois. Nous voilà parents, pour la seconde fois. Quelle histoire…! C’est le plus bel accouchement naturel que notre fils pouvait nous offrir. Nous en ressortons fiers, grandis et encore plus amoureux et soudés.. Bienvenue Esteban.

Mon accouchement naturel ou l’accouchement de ma véritable nature

J’écris ce passage 1 an et demi après mon accouchement à domicile. Je dois partager la transformation qu’a engendré cette naissance naturelle pour moi. C’est la première fois que je n’ai fait qu’un avec mon corps, mon esprit et la nature. J’ai vraiment ressenti ce lâcher prise et cette confiance aveugle en la vie qui m’a remplie de force et de courage. Je ne me suis jamais sentie aussi forte et puissante. J’ai touché la beauté céleste de mon féminin sacré.

Cette expérience a donc été le début de ma nouvelle vie. À partir de là, j’ai repris confiance en chaque instant de ma vie. J’avais expérimenté le fait que mon mental et mon esprit avait le pouvoir de créer ce que je voulais vivre. J’avais tellement mentalisé cet accouchement naturel à travers mes lectures sur la naissance physiologique qu’il s’est tout simplement matérialisé. J’ai (enfin) repris le pouvoir de créer la vie que j’ai choisie. À partir de ce moment là, le temps s’est accéléré pour moi. J’ai matérialisé mes envies et mes projets. J’ai créé mon blog en Naturopathie... Et me voilà ici, en tant que vraie moi, je suis une femme spirituelle, une maman naturelle et Naturopathe. <3

 

Et toi, comment as-tu vécu ton accouchement ?

Crée-toi une vie saine et pleine de sens,

Sandra

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5 Replies to “Mon accouchement naturel inopiné à domicile”

  1. Cette belle histoire d’amour familial est un dont du ciel c’est un ange qui est venu au monde ce jour là …..

    Cette expérience de vie est un véritable retour aux sources de notre vraie nature et elle nous offre aussi une belle leçon de vie sur nos propres ressources intérieures et à la facilité pour notre corps à s’adapter à chaque situation ….. À méditer………….,,,

    1. Sandra MamaNaturo dit : Répondre

      ♥️

  2. […] qu’il s’est réalisé (si tu n’as pas lu le témoignage de mon accouchement, clique ici). J’ai reprogrammé mon mental à considérer la douleur comme mon alliée. Elle était là […]

  3. […] la naissance de mon fils, Esteban, en Juin 2018, je vis un accouchement inopiné à domicile, sans assistance médicale, qui change ma vie de femme (récit en lien). Grâce à mes lectures sur […]

  4. […] parle de ce que je souhaite t’apporter dans l’article en lien. Tout a commencé après mon accouchement naturel à domicile dont je témoigne dans ce second article en […]

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